Concours pour l'agrandissement d'une école enfantine, Neuveville, Fribourg

en collaboration avec
Anne-Chantal Rufer
Alan Hasoo
Tazio Choun

Projet: printemps 2015

-

Au bord de la Sarine, dans le quartier médiéval de la basse ville de Fribourg, l’école de la Neuveville doit se doter de trois nouvelles classes enfantines. Ce bâtiment Heimatstil, construit en 1901, se caractérise par sa volumétrie monumentale, son implantation en rupture avec le reste du quartier et la relation forte qu’il entretient avec les éléments paysagers environnant. Le projet d’extension choisit de reconnaitre
l’école comme « interlocuteur urbain » principal en se soumettant à son système orthogonal.
Cette reconnaissance se formalise par l’adoption d’un parti vertical qui résonne avec la dimension paysagère caractéristique de ce morceau de ville. La compacité du volume développé sur 4 niveaux minimise son empreinte au sol et permet de préserver le remarquable ensemble formé par l’école et sa cour, signalé à l’inventaire. Elle délimite naturellement une zone de jeux séparée pour les plus petits à l’est, en relation
avec la prairie inondable.
L’organisation du plan se structure autour d’une « rue intérieure » inscrite dans la continuité de la façade principale de l’école existante. Au rez-de-chaussée, elle permet de relier les deux espaces de récréation. Dans les étages, elle consacre au sud les classes enfantines, tout en organisant leur dégagement, et au nord les éléments de programme annexes (salle d’appui, bibliothèque).
Toutes les salles de classes jouissent d’une situation similaire et profitent d’un large dégagement sur trois de leur côtés. Cette configuration projette les élèves dans le paysage proche et lointain et offre des conditions d’éclairage optimale. Le plan carré leur garantit une flexibilité d’utilisation maximale. Entre la rue et les salles de classe, une bande de service organise tous les équipements nécessaires et optimise la surface des classes.
L’expression du nouveau bâtiment entretient un dialogue avec le volume de 1901. Il reprend à son compte une composition tripartite horizontale en assumant socle, étages communs et niveau d’attique. La hauteur du socle reprend le niveau du socle actuel. A l’attique, des éléments de charpente moisés soutiennent un avant toit qui couronnent l’ensemble. Ils évoquent l’expression de la corniche du bâtiment existant et de
ses corbeaux expressifs. L’expression de la trame en façade ordonne verticalement l’ensemble tout en conférant aux fenêtres des dimensions familières qui se rapprochent de celles du bâtiment existant. Régulière, la trame admet une seule exception au niveau de la rue intérieure, affirmant ainsi son caractère structurant. Cette régularité permet des remplissages et des ouvertures selon les nécessités du plan. L’intérieur du bâtiment propose dans toutes les salles un soubassement plein qui tient l’espace et donne une ligne de référence à hauteur des enfants. Le concept de construction économique et rationnel par l’utilisation d’une trame constructive régulière permet un haut degré de préfabrication des éléments. La structure principale, les poteaux et poutres ainsi que le noyau, sont construits en béton recyclé tandis que les dalles mixtes bois/béton entre les étages offrent un bonne inertie thermique au bâtiment et une protection acoustique performante.